Les revues SHS de langue française à la croisée des chemins

Économie et politique de l’« accès ouvert » : les revues à l’âge numérique
Par Marc Minon, Thomas Parisot, Stéphane Bureau
Français

L’application en France de la recommandation de la Commission européenne en faveur du libre accès aux publications scientifiques pose de très nombreuses questions, notamment pour les revues de sciences humaines et sociales (SHS) de langue française dont l’économie est particulièrement fragile. Cet article vise à restituer les résultats d’une étude menée par le portail Cairn.info et par IDATE Consulting, tentant d’apprécier quelles pourraient être les conséquences sur l’économie de ces publications et de leurs éditeurs des mesures envisagées actuellement (décembre 2015) par les pouvoirs publics français : la possibilité pour l’auteur d’un article de sciences humaines et sociales émanant d’une recherche financée par des fonds publics de diffuser gratuitement son texte douze mois après sa publication, quels que soient les termes de l’accord qu’il aurait passé avec l’éditeur de la revue dans laquelle il a publié ou avec les responsables de celle-ci. Après un point sur la situation actuelle des revues SHS de langue française, l’étude tente d’évaluer l’impact des mesures envisagées en distinguant deux scénarios : le respect de la liberté du chercheur ou la mise en place, par les établissements, de politiques de dépôt obligatoires. Elle vise ensuite à chiffrer les coûts de la mise en place éventuelle d’une formule de type « Platinum » qui verrait les pouvoirs publics ou les établissements supporter « en amont », de façon globale, les coûts d’édition des articles, avant de lister les nombreuses questions auxquelles un renversement de modèle de ce type donnerait lieu : en termes de périmètre du dispositif, de mode de redistribution des financements, de pérennité et d’indépendance des revues.

MOTS-CLÉS

  • libre accès
  • politique publique
  • édition de sciences humaines et sociales
  • revues
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