Prix d’histoire contemporaine de l’Association des Historiens Contemporanéistes de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche


L’AHCESR crée un prix couronnant un article d’histoire contemporaine écrit par le détenteur d’un doctorat obtenu au cours des trois dernières années.

Ce prix, doté d’un montant de 500 euros, sera remis lors de la prochaine assemblée générale de l’AHCESR, le 14 octobre 2016.

Cet article doit avoir été publié :

- en français ;
- dans une revue scientifique (avec ou sans comité de lecture, en ligne ou en version papier, en France ou à l’étranger) ;
- entre le 1er septembre 2013 et le 1er septembre 2016 ;
- par le titulaire d’un doctorat soutenu au cours de la même période.

Le dossier de candidature devra parvenir au conseil scientifique de l’AHCESR avant le 1er septembre 2016 à minuit, à l’adresse suivante :
prixdelahcesr@gmail.com

Il prendra la forme d’un unique fichier pdf portant le nom du/de la candidat.e et comportera :

- un bref CV résumant le cursus de l’auteur.e ;
- le diplôme de doctorat ;
- l’article.





Les revues de sciences sociales françaises en danger


Avec la Loi Lemaire « République numérique », et son article 17 sur la généralisation de l’accès ouvert, l’existence des revues françaises de sciences sociales est menacée. En effet, si la barrière mobile des portails numériques (moment où l’accès devient totalement gratuit) est ramenée à 12 mois, et si les chercheurs sont fortement « incités » (euphémisme) à déposer immédiatement leurs articles ou chapitres de livres collectifs dans des « archives ouvertes » elles aussi en accès gratuit, la fragile économie des revues (et de l’édition scientifique en général) se trouvera mise en péril.

Or le système actuel permet aux bibliothèques d’offrir aux chercheurs et aux enseignants un large accès ; à défaut, le prix d’achat des articles reste fort modique (3 à 5 euros sur Cairn), et n’a rien à voir avec la situation en Sciences techniques et médicales. Au bout de 3 ans environ, l’ensemble devient d’accès totalement gratuit. Au nom de l’accès ouvert immédiat, faut-il asphyxier l’édition scientifique en France ? Faute de ressources et d’abonnements, quel avenir pour nos revues ? C’est cette inquiétude qu’exprime la tribune parue jeudi 17 mars sur Libération.fr, et que nous reproduisons ci-dessous.

http://www.liberation.fr/debats/2016/03/17/les-revues-de-sciences-sociales-en-danger_1440203

Pour vous associer à cet appel, vous pouvez envoyer vos signatures à rhmc@ens.fr



Loi numérique : un point de vue oublié, celui des chercheurs

Nous appartenons à différentes générations de la recherche française en sciences humaines et sociales ; les revues font partie de nos parcours scientifiques ; nous y publions des articles et des comptes rendus ; certains en ont fondé jusqu’aux récentes en ligne. Nous aimons nos revues, nous les défendons. Ces dernières sont au fondement du rayonnement de la recherche française dans l’espace scientifique international et aussi, faut-il le rappeler, de l’évaluation scientifique de nos travaux.

Ces revues existent en France grâce à une économie le plus souvent hybride, association entre le secteur public et l’édition privée. Cette association a une longue histoire qui ne résulte pas d’une logique de profit pour les éditeurs comme pour les auteurs, mais d’un souci partagé de produire par un travail commun des objets de savoir les plus exigeants et rigoureux. Éditer une revue est un long processus, qui mobilise des lecteurs, des évaluateurs, des correcteurs, des éditeurs, des graphistes, des imprimeurs, des libraires, des bibliothécaires…

Ensemble, nous vivons et continuons à travailler dans l’ère numérique. Nous le faisons en dialogue avec les maisons d’édition de nos revues ; nous développons des portails thématiques, des espaces de dialogue, utilisons quotidiennement le Net et ses ressources.

Or, l’article 17 de la « loi pour une République numérique » qui, après avoir été adoptée en janvier par l’Assemblée nationale sera soumise au Sénat début avril, menace de mettre fin à cette économie de production, même si ce n’est pas son intention affichée. Il souhaite que désormais, nous chercheurs, nous publiions nos articles en libre accès sur Internet douze mois après leur parution dans les revues. Nous sommes contre cet article qui fragilisera d’abord – et à moyen terme anéantira assurément – la pratique de l’édition scientifique telle que nous la défendons. Nous sommes bien sûr favorables à l’accès le plus large possible à nos travaux, mais nous sommes plus attachés encore à la défense des lieux de savoir que sont nos revues aujourd’hui, produit de compétences diverses et complémentaires.

Nous ne sommes pas naïfs pour autant sur ce que l’« open access » véhicule et le type d’économie qu’il peut promouvoir s’il est mal pensé. Nous avons été les témoins de la manière dont les bibliothèques publiques ont été progressivement pillées comme ressources des grandes compagnies ultralibérales comme Google. Sous couvert de gratuité, il s’agit bien pour certains des actuels promoteurs de l’« open access » d’uniformiser le paysage des revues en sciences humaines et sociales françaises, de les lisser, d’en gommer l’extraordinaire diversité pour ne conserver que les plus « liked ».

Aussi, nous demandons à Mesdames et Messieurs les sénateur-e-s de remanier l’article 17 afin d’étendre le délai de mise en accès libre de nos travaux à une plus longue durée. Laquelle ? Celle qui permet à la fois à cette économie hybride des revues de se maintenir et à nos organismes de recherche publique d’être en mesure économiquement de porter des plateformes d’accès de qualité avec des indexations fiables et indépendantes. Car là est sans doute la question majeure et paradoxale : en voulant mettre fin à une collaboration réussie entre le secteur privé et la recherche publique, n’est-on pas en train de mettre à mal la spécificité et la force de la recherche française en sciences humaines à travers le monde, loin des moteurs de citations du Net ?

Premiers signataires :

Philippe Artières, CNRS-EHESS
Sophie Cœuré, université Paris 7, membre de la revue Matériaux pour l’histoire de notre temps et de la Revue d’études slaves
Quentin Deluermoz, université Paris 13
Patrice Flichy, université Paris-Est, responsable de la revue Réseaux
Dominique Kalifa, université Paris 1-IUF
Margaret Maruani, CNRS, responsable de la revue Travail, genre et sociétés
Philippe Minard, université Paris 8 et EHESS, responsable de la Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine
Michelle Perrot, université Paris 7, co-fondatrice de la revue Le Mouvement social
Daniel Roche, Collège de France, directeur de la Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine
Martine Segalen, université Paris-Ouest, responsable de la revue Ethnographie française
Valérie Tesnière, EHESS
Michelle Zancarini-Fournel, université Lyon 1, membre de la revue Clio. Femmes, genre et histoire
Le comité éditorial de la Revue historique
Le comité de rédaction de la Revue philosophique de la France et de l’étranger
Le comité de rédaction de la revue Écrire l’histoire
Le comité de rédaction de la Revue d’histoire du XIXe siècle

Nouveaux signataires :

Éric Brian, EHESS, directeur de la Revue de Synthèse
Xavier Boniface, université de Picardie, directeur de la Revue d’histoire de l’Église de France
Philippe Bourdin, université Blaise-Pascal, ancien directeur des Annales historiques de la révolution française
Nathalie Heinich, CNRS, co-fondatrice et membre du comité éditorial de la revue Sociologie de l'art
Yves Déloye, Sciences Po Bordeaux, directeur de la Revue française de science politique
Didier Gazagnadou, université Paris 8
Jean-François Laé, université Paris 8
Yves Sintomer, université Paris 8
Emmanuelle Sibeud, université Paris 8
James Collins, Georgetown University




Le dernier numéro

Revue d'histoire moderne et contemporaine 2016-1

Gagner au change : les circuits de l'argent - La peine et la grâce

256 pages
I.S.B.N. 9782701198705

Sommaire

Sommaire
 

Gagner au change : les circuits de l’argent

Page 7 à 29

Du commerce aux finances. La fortune de Jean Hoeufft (1578-1651), entre la France et les Provinces-Unies

Raphaël Morera

 
Page 30 à 46

La légende noire des finances espagnoles à l’épreuve de l’économétrie

Nadia Matringe

 
Page 47 à 84

En quête de profits. La pratique des changes à Rouen et en Europe de l’Ouest (1580-1640)

Jacques Bottin

 
Page 85 à 109

Information et marché : l’activité cambiaire et les services postaux à Anvers et en Europe au milieu du XVIIe siècle

Daniel Velinov

 
Page 110 à 147

L’argent dans l’enclos du Commerce : courtiers et agents de change à la Bourse de Rouen (XVIIe-XVIIIe siècles)

Guillaume Foutrier

 

La peine et la grâce

Page 148 à 170

Suprêmes déconvenues. La Cour suprême de Californie et la peine de mort, de la fin du XIXe siècle à nos jours

Simon Grivet

 
Page 171 à 194

La libération conditionnelle en France de 1885 aux années 1930. De la loi à la pratique

Elsa Génard

 

Lecture

Page 195 à 204

Les Kanak à l’épreuve de la colonisation. Entre histoire et anthropologie

Isabelle Merle

 

Comptes rendus

Page 205 à 206

Giorgio Riello, Cotton : The Fabric that made the Modern World, Cambridge, Cambridge University Press, 2013, 434 p., ISBN 978-1-1070-0022-3

Audrey Millet

 
Page 207 à 209

Jérôme Blanc, Ludovic Desmedt (Éd.), Les pensées monétaires dans l’histoire. L’Europe, 1517-1776, Paris, Classiques Garnier, 2014, 1 057 p., ISBN 978-2-8124-2863-0

Ghislain Deleplace

 
Page 209 à 211

Gilbert Buti, Michèle Janin-Thivos, Olivier Raveux (Éd.), Langues et langages du commerce en Méditerranée et en Europe à l’époque moderne, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, 2013, 280 p., ISBN 978-2-85399-863-5

Vincent Demont

 
Page 211 à 213

Louis Sicking, La naissance d’une thalassocratie. Les Pays-Bas et la mer à l’aube du Siècle d’or, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2015, 350 p., ISBN 978-2-8405-0998-1

Vincent Demont

 
Page 213 à 215

Adam Clulow, The Company and the Shogun. The Dutch Encounter with Tokugawa Japan, New York, Columbia University Press, 2013, 352 p., ISBN 978-0-231-16428-3

Guillaume Carré

 
Page 216 à 218

Claire Judde de Larivière, La révolte des boules de neige. Murano face à Venise, 1511, Paris, Fayard, 2014, 355 p., ISBN 978-2-2136-7814-6

Florence Alazard

 
Page 218 à 220

Agustín González Enciso (Éd.), Un Estado militar. España, 1650-1820, Madrid, Actas, 2012, 448 p., ISBN 978-84-9739-125-2

Alain Hugon

 
Page 220 à 222

Manuela Albertone, National Identity and the Agrarian Republic. The Transatlantic Commerce of Ideas between America and France, 1750-1830, Farnham, Ashgate, 2014, 342 p., ISBN 978-1-4724-2137-1

Marie-Jeanne Rossignol

 
Page 222 à 224

Cécile Vidal (Éd.), Louisiana. Crossroads of the Atlantic World, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 2014, 304 p., ISBN 978-0-8122-4551-6

Yevan (Erwan) Terrien

 
Page 224 à 226

Sébastien Martin, Rochefort, arsenal des colonies au XVIIIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, 400p., ISBN 978-2-7535-3632-6

Tristan Lebozec

 
Page 226 à 228

Caroline Oudin-Bastide, Philippe Steiner, Calcul et morale. Coûts de l’esclavage et valeur de l’émancipation (XVIIIe-XIXe siècles), Paris, Albin Michel, 2015, 304 p., ISBN 978-2-226-25381-1

Anne Conchon

 
Page 229 à 230

Michel Biard, La liberté ou la mort. Mourir en député, 1792-1795, Paris, Tallandier, 2015, 363 p., ISBN 979-1-0210-1041-3

Timothy Tackett

 
Page 230 à 233

Laurent Brassart, Gouverner le local en Révolution. État, pouvoirs et mouvements collectifs dans l’Aisne, 1790-1795, Paris, Société des études robespierristes, 2013, 499 p., ISBN 978-2-908327-89-2

John Dunne

 
Page 233 à 235

Gaïd Andro, Une génération au service de l’État. Les procureurs généraux syndics de la Révolution française, 1780-1830, Paris, Société des études robespierristes, 2015, 499p., ISBN 978-2-908327-92-2

Igor Moullier

 
Page 235 à 237

Antoine Follain (Dir.), Contrôler et punir. Les agents du pouvoir (XVe-XVIIIe siècle), Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2015, 256 p., ISBN 978-2-36441-121-0

Maud Harivel

 
Page 237 à 239

R. K. Newmyer, The Treason Trial of Aaron Burr. Law, Politics, and the Character Wars of the New Nation, Cambridge, Cambridge University Press, 2012, 246p., ISBN 978-1-1070-2218-8

Emmanuelle Perez

 
Page 239 à 241

Laura F. Edwards, A Legal History of the Civil War and Reconstruction : A Nation of Rights, Cambridge, Cambridge University Press, 2015, XII-212p., ISBN 978-1-107-40134-1

Nicolas Barreyre

 
Page 241 à 243

Jean-Lucien Sanchez, À Perpétuité. Relégués au bagne de Guyane, Paris, Vendémiaire, 2013, 384 p., ISBN 978-2-36358-065-8

Louis-José Barbançon

 
Page 243 à 244

Samya El Mechat (Éd.), Coloniser, pacifier, administrer, XIXe-XXIe siècle, Paris, CNRS Éditions, 2014, 377 p., ISBN 978-2-271-07976-3

Jacques Frémeaux

 
Page 244 à 248

Thomas Banchoff, Embryo Politics : Ethics and Policy in Atlantic Democracies, Ithaca, Cornell University Press, 2011, 294 p., ISBN 978-0-8014-4957-4

Emmanuel Betta

 
Page 248 à 250

Hervé Joly, Diriger une grande entreprise au XXe siècle. L’élite industrielle française, Tours, Presses universitaires François-Rabelais, 2013, 428p., ISBN 978-2-86906-298-6

Jean-François Eck

 
Page 251 à 253

Laure Quennouëlle-Corre, La place financière de Paris au XXe siècle. Des ambitions contrariées, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France/IGPDE, 2015, 499 p., ISBN 978-2-11-129382-3

Eric Monnet

Fiche technique de ce numéro

  • Revue d’histoire moderne et contemporaine
    n° 63-1, 2016/1 - 256 pages
  • I.S.B.N. : 9782701198705