Citoyenneté et expropriation en Tchécoslovaquie au lendemain des deux Guerres mondiales

Expropriation et politiques de population au XXe siècle
Par Dieter Gosewinkel, Matĕj Spurný, Valentine Meunier
Français

Une comparaison entre les phases fondatrices de la Tchécoslovaquie après 1918 et après 1945 montre qu’une phase relativement libérale de protection universelle de la propriété, en particulier foncière, a laissé place à une époque de nationalisation dans laquelle la jouissance de droits de propriété est progressivement liée à l’ethnicité tchèque et slovaque. Les tentatives modérées d’homogénéiser la nation par une réforme agraire, qui marquent l’après Première Guerre mondiale, ont été mises en œuvre de façon radicale, après 1945, par le truchement de la déchéance de nationalité, de l’expropriation et de l’expulsion de populations, allemandes et hongroises en premier lieu. Ne garantissant plus le droit individuel d’option sur la nationalité ni l’indemnisation des biens perdus, le régime de la propriété s’est mué en un outil de politique démographique au service de l’homogénéisation sociale et nationale.

MOTS-CLÉS

  • propriété
  • citoyenneté
  • nationalité
  • Tchécoslovaquie
  • État-nation
  • expulsions
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