Imprimer la science : la lente construction d’un style visuel pour les savoirs mathématiques (1470-1650)

Par Isabelle Pantin
Français

La diffusion par l’imprimé des textes scientifiques a confronté auteurs et éditeurs à des contraintes techniques et économiques jusque-là inconnues, tout en élargissant le public visé par ce type de publications. Cela a eu un effet sur l’écriture même de ces textes et la façon dont ils se présentaient à leurs lecteurs, avec la recherche de formules plus économiques et plus standardisées, et d’un langage visuel plus utile à la compréhension des textes. Cette étude, qui se rattache à la fois à l’histoire des sciences, à l’histoire culturelle du livre, et à la bibliographie matérielle, étudie d’abord comment les ateliers d’imprimerie se sont équipés du matériel typographique nécessaire (signes spéciaux, symboles), et s’interroge, à partir du cas de l’algèbre, sur l’influence du passage à l’imprimé sur l’adoption progressive (et très lente) d’un langage mathématique uniformisé dans toute l’Europe. Il aborde ensuite l’illustration, autre élément essentiel du langage visuel des sciences qui éclaire la relation à double sens entre la logique du marché et l’installation de nouveaux modes de lectures. L’exemple du « nouveau livre de sciences illustré », mis au point par Descartes, montre la forte interaction entre un projet d’auteur et les ressources et contraintes du monde du livre.

  • Europe
  • xve-xviie siècles
  • imprimerie-librairie
  • écriture scientifique
  • illustration
  • diffusion du savoir
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