Circulations et contrôles, XVIIIe-XXe siècle

Écritures policières coloniales et circulations impériales : le bureau de police de Port-Louis à l’isle de France (Maurice), 1766-1788

par Catherine Denys  Du même auteur

Résumé

L’article invite au dialogue entre les historiographies des premiers empires coloniaux et des polices d’Ancien Régime, à travers l’étude de la police de l’isle de France (Maurice). Administrée directement par la couronne royale entre 1766 et 1790, l’isle de France était une colonie stratégique pour le contrôle des routes asiatiques. Le bureau de police, établi à Port-Louis, bénéficiait d’un personnel nombreux et a produit des écritures surabondantes, dont cinq registres-journaux conservent la trace partielle. Ces sources exceptionnelles témoignent d’une bureaucratisation croissante du métier de policier en situation coloniale. La proximité avec les écritures de la Lieutenance générale de police de Paris est flagrante, mais les modalités du transfert des pratiques administratives restent à établir, notamment en observant la police des ports. La partie visible des circulations policières impériales se limite à la continuité de la surveillance d’individus spécifiques et à l’adaptation locale de textes réglementaires en provenance de la métropole ou d’autres colonies. La notion d’Empire policier reste donc à interroger, pour la seconde moitié du xviiie siècle, en ouvrant d’autres pistes de recherche, en Inde comme aux Antilles.

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