Action sociale

Le monde charitable représenté : réseaux d’acteurs et « concordat charitable » à Paris en 1900

par Stéphanie Ginalski  Du même auteur

      Christian Topalov  Du même auteur

Résumé

Cet article a pour but de représenter le monde charitable du Paris de la Belle Époque. Pour ce faire, l’étude se fonde sur deux répertoires charitables : Paris charitable et prévoyant (1897) et le Manuel des œuvres (1900). L’analyse de réseau nous permet, à partir de ces sources, d’opérer une observation empirique de l’objet, qui contraste avec la représentation officielle de la charité telle qu’elle se donne à voir au Congrès d’assistance de 1900. L’analyse fait apparaître un noyau institutionnel central où de grandes œuvres présentes au congrès jouent un rôle majeur et attendu, mais où l’on trouve aussi des œuvres catholiques absentes du congrès et des congrégations féminines. Une description « par en bas » de l’ensemble du monde charitable parisien montre que celui-ci est fortement fragmenté en des centaines d’œuvres de petite taille, consacrées chacune à une cause locale et à une population limitée, résultant d’initiatives indépendantes et, dans une large mesure, concurrentes les unes des autres. Les œuvres les plus centrales sont néanmoins liées entre elles de deux façons : par la présence des congrégations catholiques dans les œuvres d’Église, mais aussi dans des œuvres « neutres » ; par l’existence d’une série de réseaux de personnes distincts par leurs origines, leurs trajectoires et les inclinations confessionnelles de leurs membres, mais pourtant connectés par une série de personnalités caractéristiques de la nébuleuse réformatrice. C’est ainsi que collaborent dans l’action charitable les camps que divisent l’Affaire et la bataille de la Séparation.

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